Auteur : Simone BLANC-FORAY.
 
Tome 2 - Colonne 2531
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Titre de l'article : CRÉTENET (JAQUES), fondateur des joséphistes ou crétenistes, 1603-1666.
Début de l'article :
— 1. Vie. — 2. Les joséphistes.
1. Vie.
— Né à Champlitte (Franche-Comté) en 1603, Jacques Crétenet ne trouva pas les attentions familiales qu'auraient dû lui valoir son intelligence éveillée et sa piété précoce. A quinze ans il quitta la maison paternelle, prit à Langres quelque rudiment de chirurgie et vint échouer à Lyon en 1628 en pleine épidémie de peste. Pour ce jeune fratel-chirurgien, ce fut l'occasion de révéler son talent, d'acquérir la « maîtrise » et d'épouser une veuve qu'il avait soignée. A partir de 1634, il subit l'influence de la mère Madeleine de Saint-François, fondatrice du monastère Sainte-Élisabeth pour tiercelines, à Bellecour. Elle lui enseigna les voies de l'oraison, au prix d'un sévère règlement de vie, d'une méthode analogue à celle des Exercices spirituels de saint Ignace, et surtout d'une grande docilité à l'Esprit de Dieu. « Dès le moment que vous sentirez votre volonté échauffée et portée aux affections, laissez-vous y aller et ne vous arrêtez pas à discourir… Quand on se sent attiré aux affections d'amour, de reconnaissance, d'abandon ou autres semblables, il faut les suivre sans se mettre en peine de rappeler dans son esprit le sujet de la méditation » (La vie…, p. 19). Les relations nouées au parloir de la contemplative, ses progrès en dévotion n'empêchaient pas Crétenet d'exercer son art avec dévouement. On le vit bien au cours d'une nouvelle épidémie en 1643. Son crédit s'en trouva tellement accru que, l'année suivante, les chirurgiens de Lyon le députèrent à Paris pour soutenir leur procès devant le grand conseil. A cette occasion, il fit la connaissance de M. Olier, qui le désigna bientôt aux prêtres de Saint-Sulpice comme « un modèle de toutes sortes de vertus » (Faillon, Vie de M. Olier, 2e éd., Paris, 1853, t. 1, p. 523 ; t. 2, 475 svv). Quand Crétenet revint à Lyon, dom Arnaud, prieur des feuillants, lui confia les dirigés de la mère Madeleine, morte le 23 juin 1642. La maison du chirurgien devint le rendez-vous d'un groupe de pieux laïques, d'étudiants, d'ecclésiastiques de tout rang, en quête de vie intérieure. Les avis qu'ils recueillirent en ces...

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