Auteur : Denys GORCE.
 
Tome 5 - Colonne 1538
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Titre de l'article : FROUDE (RICHARD HURRELL), anglican, 1803-1836.
Début de l'article :
— Richard Hurrell Froude est né le 25 mars 1803 à Dartington, dans le Devonshire, paroisse dont son père Robert Hurrell † 1859, par la suite archidiacre de Totnes, était alors le desservant. Fellow d'Oriel en 1826, tutor en 1827, il rencontre à ce titre John Henry Newman, son aîné de deux ans (tutor en 1826), qui se lie avec lui, vers 1829, d'une indéfectible amitié. Élevé dans les traditions de la Haute-Église, au contact de John Keble dès 1821, Froude, ordonné prêtre anglican en 1829, devait devenir bientôt la cheville ouvrière du « mouvement d'Oxford ». Newman nous le présente, intellectuellement parlant, comme un homme génial, ayant « des idées à profusion », possédant de véritables dons, à la fois « critique et logique, spéculatif et hardi », avec, au surplus, une « nature aimable et tendre, de l'enjouement, de la souplesse vigoureuse, de la grâce se mêlant à ses dons d'esprit ». Tout cela servi par un beau physique contribuant encore à le mettre en valeur. « Quelqu'un, écrira James Anthony Froude (1818-1894), l'historien, au sujet de son frère aîné, en qui l'excellence de l'intelligence et du caractère se combinaient en une pleine mesure » (Nineteenth Century, avril 1879). Il n'y avait qu'un don qui lui manquât : celui d'entrer dans les vues d'autrui. Sur le plan religieux, il professait ouvertement son admiration pour l'Église de Rome et sa « haine » pour les réformateurs. La maxime « la Bible et la Bible seule », dont se réclament les protestants, avait tout particulièrement le don de l'irriter ; il n'avait pour elle que mépris. Par contre, la présence réelle, le culte de la Vierge et de la virginité, la pensée des saints, la pénitence et la mortification, l'usage du bréviaire romain avaient toutes ses faveurs ; « un catholique sans la papauté, un anglican sans le protestantisme », ainsi qu'il l'écrit de lui-même et de ses amis les tractarians (Remains, t. 1, p. 404). Newman lui reprochait cependant de « n'accorder assez de faveur ni aux écrits des Pères de l'Église, ni aux traditions définies de l'Église considérées en elles-mêmes, ni à l'enseignement des conciles oecuméniques ou aux controverses qui en furent...

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