Auteur : J. CARREYRE.
 
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Titre de l'article : ARNAULD (1. AGNÈS. — 2. ANGÉLIQUE. — 3. ANTOINE).
Début de l'article :
— Toute la spiritualité janséniste, dans sa partie mystique, comme dans sa partie ascétique, s'appuie sur la doctrine fondamentale de Jansénius : la nature humaine a été foncièrement corrompue par le péché originel ; donc toute la vie chrétienne consiste à lutter contre la concupiscence ou délectation terrestre, et cette lutte et le triomphe dans la lutte ne sont possibles que par la grâce efficace ou délectation céleste. Par cette doctrine et par cette spiritualité, le Jansénisme prétend restaurer les enseignements de l'Église et tout particulièrement ceux de saint Augustin. Cette spiritualité apparaît, avec quelques légères nuances, dans tous les écrits jansénistes, et spécialement dans ceux qui sont sortis de la famille Arnauld : la Mère Agnès et la Mère Angélique et leur frère Antoine Arnauld, celui qu'on appelle le « grand Arnauld ».
1. — AGNÈS ARNAULD
(Jeanne Catherine-Agnès Arnauld) connue sous le nom de la Mère Agnès de Saint-Paul (31 décembre 1593-19 février 1671) est la troisième fille d'Antoine Arnauld l'avocat ; elle fut abbesse de Saint-Cyr, en même temps que sa soeur devint abbesse de Port-Royal et elle lui succéda. La Mère Agnès est une figure de second plan : esprit subtil, précieux, d'une finesse entortillée ; elle n'aurait pas osé entreprendre la réforme que fit sa soeur, Angélique, car elle avait moins de hardiesse, moins d'énergie et d'audace, pour prendre cette initiative, mais elle aida sa soeur et poursuivit son oeuvre, au milieu des épreuves et des luttes, car elle était d'une opiniâtreté indomptable. Comme sa soeur, mais plus longtemps qu'elle, elle hésita entre la direction de saint François de Sales et celle de l'abbé de Saint-Cyran ; mais une fois gagnée par ce dernier, elle se livra tout entière à l'austérité, au rigorisme et pratiqua un christianisme sombre, triste, sévère, dans lequel la crainte domine l'amour ; pourtant moins rigoureuse que sa soeur, en sorte que l'influence de saint François ne disparut pas entièrement ; elle se distingue de sa soeur, car elle reste toujours grave, relativement sage et discrète. « Admirable religieuse, d'une piété si délicate, d'une raison si droite et en qui le rude, l'intraitable génie des Arnauld se tempérait d'un peu de tolérance et de beaucoup de...

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