Auteur : Marjolaine CHEVALLIER.
 
Tome 12 - Colonne 1831
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Titre de l'article : POIRET (PIERRE), pasteur protestant, 1646-1719.
Début de l'article :
— 1. Vie. — 2. Œuvres — 3. Doctrine spirituelle.
1. Vie.
— Pierre Poiret est né le 15 avril 1646 dans une famille d'artisans protestants à Metz. Il perdit son père à l'âge de 6 ans. L'enfant fut aidé par la paroisse réformée pour sa scolarité, qu'on décida de prolonger en l'envoyant au collège, alors que vers 12 ans il avait commencé un apprentissage chez un graveur connu. Le jeune Pierre, gagnant sa vie comme précepteur, put poursuivre ses études à l'école latine de Bouxwiller. Puis à 18 ans, il s'inscrivit en théologie au Collège Érasme à Bâle. Il y passa trois ans, souvent malade. Il se passionna pour la philosophie cartésienne qu'il découvrit par lui-même, car on ne l'enseignait pas encore dans cette ville. Achevant ses études à Hanau puis à Heidelberg, Poiret fut consacré au ministère pastoral fin 1669. Il accomplit alors divers remplacements dans des paroisses de réfugiés huguenots, par exemple à Mannheim, avant d'être nommé ministre de la petite communauté de langue française d'Annweiler dans le duché de Deux-Ponts. Le jeune théologien avait épousé en 1670 Claude Kin, veuve de pasteur, originaire elle-même de Metz. Les quatre années que le ménage pastoral passa dans ce bourg isolé furent de plus en plus difficiles. La guerre et les épidémies ravagèrent la région. La misère de la paroisse fut la raison officielle du départ de Poiret, fin février 1676. Mais d'autres raisons d'ordre spirituel et moral pesèrent aussi sur sa décision. Ayant lu quelques livres d'Antoinette Bourignon (cf. DS, t. 1, col. 1915-17) trouvés à Francfort où Poiret avait rendu visite aux groupes des premiers piétistes (J. Spener et J.J. Schütz), il voulait tenter de rencontrer cette prophétesse. Il se rendit à Amsterdam et y resta quelques mois, en profitant pour remettre aux imprimeurs ses premiers travaux. Renonçant à passer par la Frise, pour y voir les disciples de Jean de Labadie (cf. DS, t. 9, col. 1-7) devenus hostiles à A. Bourignon, Poiret rejoignit cette dernière à Hambourg. Dès lors et pour les quatre dernières années de la vie de cette vieille femme, souvent en fuite, il fut l'un de ses « fils spirituels », tout dévoué à la tâche de l'édition de ses nombreuses oeuvres....

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