Auteur : François DOLBEAU.
 
Tome 13 - Colonne 135
Acheter l'article complet
5 €
Titre de l'article : RATHIER DE VÉRONE, † 974, moine de Lobbes, évêque de Vérone.
Début de l'article :
— 1. Biographie. — 2. Œuvres. — 3. Sources et lectures. — 4. Doctrine et spiritualité. — 5. Influence.
1. Biographie.
— Au cours d'une existence mouvementée, Rathier a assumé des fonctions diverses ; mais c'est le double qualificatif de monachus Laubiensis et d'episcopus Veronensis qu'il emploie lui-même avec prédilection dans le titre de plusieurs de ses ouvrages. Il y a là du reste une explication partielle des ennuis qui ont troublé sa carrière : moine devenu évêque, il s'est souvent heurté à l'hostilité d'un clergé séculier, étranger à la spiritualité de saint Benoît ; lotharingien transplanté en Italie, il a finalement été la victime des incompréhensions réciproques, des préjugés raciaux et des luttes politiques qui creusaient à son époque un fossé profond entre les hommes du Nord et ceux du Midi. La vie de Rathier est connue avec précision, grâce aux allusions autobiographiques dont il parsème ses oeuvres et qu'on peut recouper à l'aide de sources contemporaines, comme l'Antapodosis de Liutprand de Crémone (PL 136, 787-898), les deux Vitae de Brunon de Cologne (PL 134, 941-78) et surtout les Gesta abbatum Laubiensium de Folcuin de Lobbes (PL 137, 541-82). Rathier est né vers 890 dans une famille noble de la région de Liège. Offert très jeune au monastère bénédictin de Lobbes, dans la vallée de la Sambre, il y acquit une solide formation intellectuelle qui lui valut la réputation d'un savant hors pair. A la mort en 920 de l'évêque Étienne de Liège, il appartient au clan lorrain qui soutient Hilduin ; l'échec de ce parti amène Rathier à s'exiler chez Hugues de Provence, parent du candidat malheureux. Hugues, devenu roi d'Italie en 926, attribue à Hilduin d'abord le siège de Vérone, puis celui de Milan. En 931, malgré les réticences du souverain, Rathier remplace son protecteur comme évêque de Vérone pour la première fois. Compromis dès 934 dans un complot visant à livrer la ville au duc Arnulf de Bavière (auquel il semble avoir été apparenté), Rathier est déposé et emprisonné durant deux ans et demi à Pavie, puis astreint à résidence auprès...

[...]



Cet extrait est constitué d'environ 1 page et l'article complet contient 19 pages.